Ce texte, “Self-Leadership in a Climate of Fear: A Note from Dick Schwartz”, a été publié dans les News du site de l’IFS Institute, le 6 février 2026. Traduit avec l’aimable autorisation de Dick Schwartz, par Jean-Rémi Deléage et Nathalie Vandebeulque.
On me demande de plus en plus souvent ce qui, dans la perspective de l’IFS, amène des gens à fermer leur cœur jusqu’à commettre les actes ignobles dont nous sommes témoins jour après jour dans les médias, et ce qui les rend si avides de pouvoir et d’argent.
On m’interroge aussi sur ce qui donne à des personnes ordinaires le courage de résister, de protéger leurs communautés, de se dresser contre l’injustice, alors même qu’ils s’exposent à de graves représailles. Je partage ici quelques réflexions, tirées notamment d’un livre que je suis en train d’écrire sur le Self-leadership.
Je vais d’abord me pencher sur l’impact destructeur qu’a, sur les systèmes humains, le fait d’exiler leurs parties vulnérables, et sur la façon dont cet exil intérieur se répercute dans le monde extérieur. Cette pratique de l’exil est omniprésente en Occident, car l’approche dominante face au trauma consiste à “tourner la page” – à reléguer souvenirs et émotions aux oubliettes.
Les protecteurs qui endossent la tâche ingrate d’enfermer vos parties intérieures enfantines en souffrance finissent par être chargés de fardeaux et déformés par cette tâche. Pour mener à bien le travail inhumain d’emprisonner des êtres intérieurs vulnérables et blessés, ces protecteurs doivent se durcir, se rendre insensibles, à la manière des agents de l’ICE sous Trump qui capturent et expulsent des mères terrorisées et désorientées en les séparant de force de leurs enfants.
Pour légitimer cet exil, les protecteurs en viennent souvent à mépriser la faiblesse et la vulnérabilité des exilés, s’engageant à maintenir votre système fort et inébranlable. Ils adoptent la croyance qu’ils sont les parties supérieures, que les exilés sont inférieurs, et que votre sécurité exige leur domination. (Je tiens à souligner ici que nombre de ces croyances ne découlent pas seulement de vos traumatismes personnels et de l’exil qui en a résulté, mais sont souvent héritées de vos ancêtres, de votre communauté ethnique ou de votre culture. Ces fardeaux hérités sont également de puissants agents d’exil).
J’ai constaté que les personnes dominées par des protecteurs au cœur endurci ne se sentent pas seulement supérieures aux parties qu’elles exilent, mais se trouvent aussi attirées par des systèmes de croyances postulant la supériorité de certaines catégories de personnes sur d’autres et, par voie de conséquence, par des pratiques qui exilent les personnes dites “inférieures”. L’histoire regorge d’exemples criants de l’impact de telles croyances hiérarchiques sur des collectifs : colonisation, esclavage et racisme, système de castes en Inde, patriarcat, peuple élu, chrétiens affirmant que Jésus est l’unique voie, etc.
Comme le démontre Naomi Klein dans son ouvrage Doppelganger : A Trip into the Mirror World, « Il s’agit d’idées dont l’histoire sur le continent américain ruisselle de sang, qui remontent aux récits que les conquérants et les colons européens élaborèrent pour expliquer comment les maladies infectieuses qui ravagèrent les populations autochtones – déjà affaiblies après que les colons leur eurent volé leurs terres et anéanti leurs ressources alimentaires – étaient en vérité l’œuvre de Dieu, un signe divin attestant que ces continents étaient destinés aux chrétiens blancs. “Une merveilleuse Peste” : c’est en ces termes que le roi Jacques Ier d’Angleterre qualifia les pandémies dans la Charte de la Nouvelle-Angleterre de 1620. “Dieu tout-puissant, dans sa grande bonté et sa munificence à notre endroit”, l’avait envoyée “parmi les sauvages”. Cette “merveilleuse Peste” décima jusqu’à 90 % de la population autochtone.
Klein cite plusieurs déclarations de gouverneurs coloniaux tout aussi dérangeantes et conclut que « l’idée selon laquelle les pandémies accomplissent l’œuvre d’une puissance supérieure est constitutive du mythe fondateur du monde moderne. » Cette mise en récit reflète le type d’histoires auxquelles les parties protectrices des colons ont vraisemblablement eu recours pour légitimer une telle inhumanité.
Il existe également des récits produits par des protecteurs qui, bien que moins ouvertement ignobles, ont façonné et continuent de façonner le monde moderne. Prenez les croyances chrétiennes fondamentalistes concernant “les non-élus”, décrites précédemment, et associez-les à la méritocratie d’Horatio Alger : vous obtenez les systèmes de croyances qui ont engendré ce qu’on nomme l’évangile de la prospérité, lequel interprète l’accumulation de richesses comme la preuve que l’on est vertueux et béni de Dieu. Dans cette perspective, les pauvres sont perçus non seulement comme paresseux et dépourvus de discipline, mais également comme pécheurs et non élus. Ce système de croyances sous-tend une grande part des inégalités de richesse inouïes que tolèrent les États-Unis.
Naomi Klein conclut ainsi : « Chaque fois qu’un groupe a choisi de permettre qu’une violence terrible soit infligée à un autre groupe, des récits et des logiques ont fourni aux bénéficiaires de cette violence la permission soit d’y participer activement (voire avec enthousiasme), soit de détourner activement le regard. Des récits affirmant, par exemple : « Les gens qui sont sacrifiés/asservis/emprisonnés/colonisés/abandonnés à la mort afin que d’autres puissent vivre confortablement, ne relèvent pas du même niveau d’humanité. Ils sont autres/inférieurs/insignifiants/plus foncés/plus proches de l’animal/malades/criminels/paresseux/barbares.» Ces logiques connaissent une résurgence à droite depuis des années, comme en atteste la présence de dirigeants protofascistes et autoritaires au Brésil, en Inde, en Hongrie, aux Philippines, en Russie et en Turquie, parmi d’autres » (p167). Et désormais aux États-Unis.
Ainsi, selon moi, tout est en miroir. Le processus consistant à enfermer, ignorer la douleur et mépriser notre vulnérabilité et notre sensibilité engendre le même exil, la même indifférence et le même mépris à l’égard des personnes vulnérables ou défavorisées dans le monde extérieur. Et cet exil, à ces deux niveaux, procède de la manière dont nous avons traditionnellement traité le traumatisme, individuellement, culturellement et en tant qu’espèce.
Grattez un peu le vernis d’un fasciste et vous découvrirez un petit garçon apeuré et blessé, entouré de protecteurs qui sont eux-mêmes jeunes et effrayés, mais contraints d’endosser le rôle de durs et de puissants.
Comme l’a dit James Baldwin : « J’imagine que l’une des raisons pour lesquelles les gens s’agrippent si obstinément à leurs haines tient au fait qu’ils pressentent qu’une fois la haine dissipée, ils devront affronter leurs souffrances. »
Lorsque vos protecteurs dominants méprisent votre propre faiblesse, ils méprisent non seulement la vulnérabilité d’autrui, mais sont aussi avides de pouvoir dans vos relations ou dans le monde. Ils croient que votre sécurité réside dans votre capacité à dominer et contrôler les autres. Ils adoptent souvent une philosophie du “plus jamais”. Plus jamais je ne te permettrai d’être aussi impuissant, ouvert, dépendant, confiant, etc. Au contraire, je vais te pousser à dominer. Cela peut ne se manifester que dans vos relations proches – partenaires intimes, enfants, collègues. Chez certains, toutefois, ces parties les propulsent vers des positions de pouvoir au sein de systèmes plus vastes, tels que la politique ou le monde des affaires.
J’ai accompagné nombre de dirigeants qui s’appuyaient sur ce type de protecteur impitoyable et affamé de pouvoir pour conquérir et maintenir leurs positions de leadership. Malheureusement, notre culture récompense souvent ce genre de protecteur. Ils me consultent parce que ces parties ont contaminé et altéré négativement la culture des entreprises ou organisations qu’ils dirigent, lesquelles se trouvent, en conséquence, en difficulté.
Lorsque vous exilez une si grande part de votre substance vitale, vous vous sentez infiniment plus vide et creux. Vous n’avez plus accès à la joie, à l’enjouement, à la créativité, à l’assertivité et au plaisir que ces parties vous procuraient autrefois. Pour combler ce vide, vos autres protecteurs génèrent en vous des appétits compensatoires d’argent et de statut social. Mais vous ne vous sentez jamais comblé, car, tel le seau percé du proverbe, vous ne parvenez jamais à vous emplir.
Il ne fait aucun doute que le mépris de Donald Trump pour sa propre vulnérabilité se reflète dans la manière dont il demande à notre gouvernement de traiter les plus vulnérables d’entre nous. Son mépris de la faiblesse constitue ce que nous nommons un fardeau transgénérationnel – pour survivre à un père qui fut, selon tous les témoignages, brutal et insensible, certaines de ses parties ont dû pénétrer et diriger son système avec l’énergie impitoyable de son père.
Ses politiques intérieure et étrangère actuelles ont été préfigurées dans ses commentaires de 1990 sur la façon dont le gouvernement chinois a géré les manifestations de la place Tiananmen : « Lorsque les étudiants ont déferlé sur la place Tiananmen, le gouvernement chinois a failli tout gâcher. Puis ils ont été vicieux, horribles, mais ils ont écrasé ça avec force. Cela vous montre la puissance de la force. » On imagine facilement son père dire quelque chose de ce genre. Ou une variante de sa fameuse question posée durant son premier mandat : pourquoi ne peut-on pas tirer dans les jambes des manifestants ?
Ses protecteurs ont exilé les parties qui portaient des fardeaux d’indignité, de blessure et de peur. Ces exilés sont devenus son seau percé – nourrissant son besoin constant et insatiable de louanges et d’argent pour les tenir à distance, ainsi que sa susceptibilité proprement stupéfiante qui contraint ses protecteurs à comploter pour se venger de quiconque le critique ou s’oppose à lui.
Qu’adviendrait-il si les dirigeants de tous bords apprenaient à ne pas exiler leurs vulnérabilités et leurs parties traumatisées ? S’ils se tournaient au contraire vers ces parties blessées avec curiosité et compassion, et accueillaient ce qui s’est produit lorsqu’elles ont été blessées ? S’ils pouvaient être présents à leur propre souffrance, ils seraient alors en mesure d’être présents – plutôt que sur la défensive, dans la fuite ou le mépris – lorsque les autres évoquent leur souffrance.
Lorsque vous restez en lien avec votre sensibilité plutôt que coupé d’elle, il devient infiniment plus difficile de commettre les actes inhumains dont nous sommes témoins quotidiennement. Vos parties ne font plus obstacle à la Compassion naturelle de votre Self, si bien que vous ne pouvez plus “déshumaniser” autrui à la manière de ces protecteurs. Le sentiment de Connexion de votre Self vous fait prendre conscience que lorsqu’une personne est blessée, vous l’êtes également. Votre Clarté rend plus difficile d’ignorer ou de nier l’injustice qui se présente à vous, et votre Courage et votre Confiance vous poussent à agir, de façon non violente, pour faire obstacle à l’injustice et soulager la souffrance.
J’accompagne actuellement plusieurs activistes sociaux influents, dont certains se trouvent à Minneapolis, afin de les aider à manifester, s’organiser et se protéger depuis le Self, et à travailler activement avec leurs parties qui ont peur ou sont horrifiées, plutôt que de les exiler. J’admire profondément leur courage et leur compassion, et c’est un honneur de les soutenir.
J’ai eu le privilège de faire occasionnellement une séance avec l’une d’entre elles, Valarie Kaur, qui dirige le Revolutionary Love Project, un mouvement national visant à réhabiliter l’amour comme force de justice. (Lien pour visionner sa conférence TED).
Valarie a récemment sollicité une séance après avoir accompagné des communautés sur le terrain à Minneapolis qui protégeaient des familles immigrées. Elle se trouvait à quelques kilomètres lorsqu’Alex Pretti a été assassiné par des agents de l’ICE. Elle m’a confié se sentir encore secouée. Je lui ai demandé où, dans son corps, elle percevait ce tremblement, et elle l’a localisé sous sa cage thoracique, dans sa poitrine.
Dick : Que ressentez-vous envers elle ?
Valarie : Je ressens de la compassion, mais je ne peux m’empêcher de penser que d’autres souffrent bien plus, que j’ai déjà vécu pire que cela par le passé et qu’en tant que femme de couleur, je ne serai pas prise au sérieux si ma voix tremble. (Elle m’avait dit plus tôt avoir été interviewée à la radio et regretté à quel point sa voix chevrotait)
Dick : D’accord, allons voir la partie qui porte toutes ces attitudes envers votre voix tremblante et voyons de quoi il s’agit.
Celle-ci se trouvait dans sa tête et portait plusieurs croyances : elle ne pouvait se permettre de paraître faible, même un peu. Valarie et moi avons aidé cette partie à comprendre que ses tentatives de solution – tenir Valarie à distance de la partie tremblante – produisaient l’effet inverse : cela rendait cette dernière encore plus tremblante, seule et rejetée. Et que si elle laissait Valarie réconforter la partie tremblante, celle-ci s’apaiserait. Valarie a alors pu prendre la petite dans ses bras et ressentir sa terreur. Valarie a pleuré et tremblé en se rappelant la brutalité dont elle avait été témoin à Minneapolis. Une fois que la partie s’est sentie vue par elle, je lui ai demandé où elle portait le traumatisme, et elle a vu une grosse pierre sur son dos.
D’autres parties étaient réticentes au début à la laisser se débarrasser de la pierre. Elles disaient que si elle n’acceptait pas et ne portait pas la douleur des gens, elle n’aurait pas la motivation de faire tout le travail militant qu’elle fait. Elle leur a expliqué que porter toute cette douleur et cette peur l’empêchait en réalité d’agir, et qu’elle-même, en tant que Self, était déterminée à continuer, ce qui serait plus facile une fois la pierre envoyée au loin.
Après que la pierre ait été enterrée au pied d’un arbre en imagination, la petite s’est sentie beaucoup plus légère et nous avons fait venir le protecteur qui avait essayé de l’en empêcher. Celui-ci a ressenti un immense soulagement et s’est transformé en papillon.
Je suis très reconnaissante à Valarie de m’avoir autorisé à décrire sa séance, car cela illustre non seulement à quel point il est important pour nous tous de prendre soin des parties de nous-mêmes qui réagissent au bombardement d’événements odieux, mais aussi parce que ce ne sont pas seulement les auteurs de ces événements traumatiques qui exilent la vulnérabilité. Tout le monde, même la fondatrice du Revolutionary Love Project, tend à le faire dans une certaine mesure.
Il y a cependant une grande différence entre des personnes comme Valarie — avoir de la compassion pour sa peur, mais aussi avoir un protecteur qui ne vous laisse pas vous en approcher — et les personnes qui sont tellement dominées par une partie au cœur endurci qu’elles ne ressentent que du mépris pour leur propre vulnérabilité et celle d’autrui.
Nous devons néanmoins tous accomplir ce qu’a fait Valarie : décharger nos exilés de leurs fardeaux et découvrir de nouveaux rôles pour nos protecteurs. Lorsque nous y parvenons, nous apportons davantage de Self à nos efforts, ce qui, en soi, est porteur de guérison. Dans cet esprit, j’apprécie particulièrement ce message du Chef Phil Lane Jr., membre enregistré des nations Ihanktonwan Dakota (Yankton Dakota) et Chickasaw.
« La paix ne naît pas dans les salles de marbre et n’est pas transmise par ceux qui ont soif de pouvoir. La paix naît dans le lieu silencieux qui se trouve au fond de chaque être humain, là où le souffle du Grand Mystère effleure pour la première fois notre esprit. Elle commence telle une petite étincelle, si tendre qu’elle peut se dérober au regard, mais elle a le pouvoir de transformer le monde.
Lorsque nous permettons à notre paix intérieure de s’éveiller, lorsque nous la sentons se loger dans nos os et affermir notre cœur, elle devient plus qu’un ressenti. Elle devient une manière de marcher. Une manière de voir. Une manière d’être en relation. »
Cette paix intérieure adoucit nos paroles, clarifie notre vision et ouvre le chemin pour que la compassion s’écoule librement. Elle apporte l’harmonie dans nos familles, apaise les tempêtes au sein de nos communautés et devient un battement de tambour régulier qui rappelle à la Famille Humaine notre humanité commune.
Telle une pierre jetée dans une eau calme, la paix que nous cultivons en nous-mêmes propage des ondes vers l’extérieur, d’abord vers ceux qui nous sont les plus proches, puis vers ceux que nous ne rencontrerons peut-être jamais, et enfin vers la Terre Mère elle-même. Ces ondes traversent les nations et les générations, les frontières et les barrières, jusqu’à ce que même les endroits les plus endurcis du cœur humain commencent à s’adoucir. Alors, nous faisons fondre la glace dans le cœur de l’humanité.
La paix véritable n’est pas passive. Elle est vivante, courageuse et profondément enracinée. Elle nous demande d’écouter avec humilité, de pardonner avec sincérité et de défendre la justice avec un cœur libre de toute colère. Elle nous invite à marcher doucement, mais fermement, guidés par les enseignements de nos ancêtres et le murmure de notre Créateur.
Lorsque chacun de nous devient porteur de paix, nous tissons une loge sacrée au-dessus du monde, une loge assez solide pour abriter nos enfants et assez vaste pour accueillir tous les peuples. Ainsi, la paix devient une promesse vivante. La promesse que, lorsque le cœur est guéri, le monde l’est également, et que, lorsque l’esprit demeure ferme, nos nations peuvent marcher ensemble de nouveau. »
Je suis intimement convaincu du pouvoir de l’énergie du Self pour créer un changement positif dans les systèmes à tous les niveaux, des individus aux gouvernements. Quand j’ai participé à des manifestations, j’ai ressenti le champ d’énergie du Self qui se forme lorsque des dizaines de milliers de personnes s’unissent pour mettre fin à des actes illégaux et inhumains. Des recherches ont montré qu’il suffit que 3 % de la population s’oppose à un régime fasciste pour le renverser. Aux États-Unis, cela représente environ neuf millions de personnes, et nous ne sommes pas loin de nous en approcher.
La clé est de rester guidés par le Self et de ne pas laisser nos parties enragées ou violentes diriger nos protestations, aussi tentant que cela soit, car cela donnerait à l’administration un prétexte pour s’emparer totalement du pouvoir. Au contraire, nous devons avoir confiance dans le fait qu’en mobilisant une masse critique d’énergie de Self pour venir confronter les parties protectrices enracinées et chargées de fardeaux, quel que soit le niveau où elles se trouvent, leur emprise se desserre.
Je terminerai par les mots de Qasim Rashid, un activiste et écrivain américain d’origine palestinienne.
« Pour moi, il est l’heure de redoubler d’efforts. D’élargir nos cercles de compassion. D’approfondir notre service à l’humanité. D’intensifier notre engagement auprès de ceux qui sont prêts à s’engager. De refuser d’abandonner l’espérance en ce pays et en ce monde… Alors, pourquoi faire preuve d’empathie envers ceux qui n’en montrent aucune ? Parce que l’empathie est notre vaccin contre la haine et la peur. Ce n’est pas une faiblesse. C’est une force. Ce n’est pas l’acceptation de la violence et du sectarisme. C’est le refus de la cruauté et de la haine. Nous cultivons l’empathie, non pas parce que les autres se comportent comme des êtres humains décents, mais parce que nous sommes des êtres humains décents. C’est ainsi que nous bâtissons un avenir engagé en faveur de la justice, et non de la violence. Nous cultivons l’empathie, car c’est elle qui préserve notre humanité. Et c’est quelque chose que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre. »
Auteur/autrice
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Le Dr Richard C. Schwartz est le fondateur du modèle du Système Familial Intérieur (Internal Family Systems ou IFS), une approche thérapeutique novatrice qui a transformé le domaine de la psychothérapie. Né le 14 septembre 1949, il a obtenu son doctorat en thérapie familiale à l’Université Purdue et est actuellement professeur associé en psychiatrie au Cambridge Health Alliance, affilié à la Harvard Medical School.
Dans les années 1980, Richard Schwartz a développé l’IFS après avoir observé que ses patients décrivaient spontanément leur vie intérieure en termes de “parties” multiples. Il a théorisé que la psyché humaine est composée de multiples sous-personnalités formant une “famille intérieure”, et que lorsqu’elles sont écoutées avec compassion depuis le Self — cette essence centrale caractérisée par le calme, la curiosité et la compassion —, elles deviennent des ressources précieuses pour la guérison.
En 2000, il a fondé le Center for Self Leadership, devenu l’IFS Institute en 2019, qui forme des professionnels du monde entier. Auteur de plus de dix ouvrages dont No Bad Parts et de cinquante articles scientifiques, son approche humaniste est aujourd’hui reconnue internationalement dans le traitement des traumas, de la dépression, de l’anxiété et des addictions.
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