-
IFS appliquée
-
Sélection de livres
-
Vie intérieure
-
Relations
-
Recherche
-
Points de vue
-
Entretiens
-
Leadership du Self
-
Sites Web
-
Load More
Posts in
IFS appliquée
IFS appliquée
LES BASES Le Guide du débutant
L’IFS, par où commencer ?
Vous avez peut-être entendu parler de l’IFS, des « parties » ou du Self, sans savoir encore comment aborder cette approche. Le modèle IFS (pour Internal Family Systems, ou Système familial intérieur en français) propose d’aborder nos réactions avec davantage de curiosité et moins de jugement.
Ce guide est une porte d’entrée simple et concrète. Il vous donnera les informations nécessaires pour reconnaître quelques mouvements intérieurs fréquents et à faire vos premiers pas, à votre rythme et en sécurité. Vous n’avez pas besoin de tout comprendre ni de « bien faire » : commencer peut simplement consister à remarquer ce qui se passe en vous et à vous demander ce qu’une réaction cherche peut-être à protéger.
Table des matières
L’IFS en quelques mots
L’IFS propose de regarder notre vie intérieure comme un ensemble vivant, une famille intérieure composée de différentes parties de nous-mêmes. Certaines cherchent à anticiper, contrôler, organiser ou éviter les erreurs. D’autres se manifestent plus brutalement, dans l’urgence, la colère, le retrait, l’impulsion ou l’évitement. D’autres encore portent de la peine, de la honte, de la peur ou de la solitude.
Au centre de cette approche, il y a aussi l’idée qu’en chacun existe une qualité de présence plus calme, plus claire, plus curieuse et plus compatissante : le Self. L’IFS ne consiste pas à supprimer des parts de soi, mais à mieux les entendre, à comprendre leur rôle, et à remettre un peu plus de relation intérieure là où il y avait surtout de la lutte.
Découvrir l’IFS
Des parties au quotidien
Nous avons souvent le réflexe de considérer certaines réactions comme des problèmes à supprimer : « Je ne devrais pas être aussi stressé », « Il faut que j’arrête de procrastiner », « Je devrais savoir me contrôler ». L’IFS invite à déplacer légèrement le regard. Au lieu de combattre immédiatement une réaction, vous pouvez d’abord chercher à la connaître.
L’objectif initial n’est pas de réparer ce qui serait « cassé » en vous, ni de reprendre le contrôle à tout prix. Il s’agit plutôt de reconnaître qu’une réaction a une histoire, une fonction et, souvent, une intention protectrice — même si ses effets sont aujourd’hui pénibles, coûteux ou limitants.
Vous n’avez pas besoin d’adhérer sans réserve au modèle pour l’explorer. Certaines personnes identifient clairement des voix, des images ou des personnages intérieurs ; d’autres remarquent surtout une pensée insistante, une crispation dans le ventre, une fatigue soudaine ou une envie de fuir. Toutes ces expériences peuvent être des points de départ.
Les « parties » ne sont donc pas nécessairement des personnages. Elles peuvent se manifester à travers des émotions, des habitudes, des sensations corporelles, des comportements automatiques ou des élans contradictoires.
Dans une perspective IFS, une partie activée n’est pas « mauvaise ». Elle peut chercher à vous protéger d’un échec, d’un rejet, d’une humiliation, d’une solitude ou d’un danger perçu. Son moyen d’action peut être excessif ou maladroit, mais il est souvent utile de commencer par reconnaître qu’elle tente peut-être de faire quelque chose pour vous.
Le langage des parties aide à créer une petite distance, sans nier ce que vous ressentez. Vous pourriez vous dire :
- « Une partie de moi se sent très anxieuse. »
- « Une partie de moi veut éviter cette conversation. »
- « Une partie de moi est convaincue que je vais échouer. »
« Une partie de moi est très en colère en ce moment. »
Dire « une partie de moi est anxieuse » ne revient pas à minimiser l’anxiété. Cela signifie plutôt : cette émotion est réelle, mais elle ne résume pas toute mon expérience ni toute mon identité. Ce léger décalage peut rendre possible une réponse moins automatique.
Les parties peuvent être reconnues à travers une réaction familière, une habitude, une émotion ou une manière automatique d’entrer en relation avec soi-même et les autres. Une même personne peut en percevoir plusieurs dans une seule journée.
Comment « lire » les parties : 3 exemples
Quand une partie veut tout prévoir
Vous relisez plusieurs fois un message avant de l’envoyer. Vous préparez mentalement toutes les objections possibles. Vous avez du mal à vous reposer tant que tout n’est pas sous contrôle.
En IFS, on ne considère pas cela d’abord comme un défaut de caractère. On peut se demander : qu’est-ce que cette partie essaie d’éviter pour moi ? Une erreur ? Une humiliation ? Une perte de maîtrise ?
Quand une partie cherche à couper court
Après une journée difficile, vous mangez sans faim, vous scrollez sans fin, vous repoussez une conversation importante, ou vous vous jetez dans une distraction pour ne plus sentir la pression.
Là encore, l’IFS invite à la curiosité. Au lieu de se dire « je manque de volonté », on peut se demander : qu’est-ce que cette partie essaie d’apaiser très vite ?
Quand quelque chose en vous se sent envahi
Une remarque apparemment banale vous blesse beaucoup. Une inquiétude prend toute la place. Vous vous sentez soudain petit, honteux, rejeté, effrayé ou découragé.
Dans ces moments-là, l’IFS aide à distinguer l’expérience douloureuse elle-même et les réactions de protection qui viennent immédiatement autour.
Quelques parties familières
La partie perfectionniste
Elle relit un e-mail cinq fois, retarde l’envoi d’un dossier ou passe beaucoup de temps sur un détail. Elle cherche peut-être à éviter l’erreur, la critique ou le sentiment de ne pas être à la hauteur.
Plutôt que de lui répondre : « Arrête de compliquer les choses », vous pouvez vous demander : qu’est-ce qui lui paraît si risqué dans le fait d’envoyer ce message maintenant ?
La partie qui veut plaire
Elle accepte une demande alors qu’elle est déjà épuisée, anticipe les besoins des autres et a du mal à dire non. Elle peut craindre le conflit, la déception d’autrui, le rejet ou l’idée de ne plus être aimée.
La reconnaître ne signifie pas renoncer à votre générosité. Cela peut aider à voir quand ce réflexe vous éloigne de vos propres limites.
La partie organisatrice
Elle prépare mentalement toutes les conversations à venir, imagine plusieurs scénarios et veut réduire au maximum l’imprévu. Son intention peut être de diminuer l’incertitude et d’éviter d’être prise au dépourvu.
Vous pouvez remarquer sa présence quand vous avez du mal à vous reposer tant que tout n’est pas anticipé.
La partie critique
Elle répète : « Tu n’as pas assez travaillé », « Tu vas te ridiculiser », « Personne ne s’intéresse à toi » ou « Tu pourrais faire mieux ». Derrière sa dureté, elle essaie parfois de vous pousser à éviter une honte, une erreur ou une déception.
Il n’est pas nécessaire de croire ce qu’elle dit pour reconnaître qu’elle essaie peut-être, à sa manière, de vous protéger.
La partie qui se met en retrait
Elle évite de répondre, annule un rendez-vous, se tait dans un groupe ou reporte une conversation importante. Elle ne manque pas forcément d’intérêt pour les autres : elle peut chercher à vous épargner une exposition, une gêne ou un risque de rejet.
La partie en colère
Elle surgit rapidement lorsqu’elle se sent ignorée, critiquée ou traitée injustement. Elle peut tenter de restaurer une limite, une dignité ou un sentiment de sécurité, même si sa manière de le faire complique parfois la relation.
La partie qui se distrait
Elle fait défiler les réseaux sociaux, lance une série, grignote, travaille sans relâche ou multiplie les occupations après une émotion difficile. Elle cherche souvent à faire baisser rapidement une sensation intérieure devenue trop intense.
La partie qui s’effondre ou se fige
Elle se sent vide, paralysée, incapable de commencer ou de choisir. Plutôt que de la qualifier de paresseuse, vous pouvez vous demander si elle tente de vous préserver d’une tâche vécue comme trop risquée, trop exigeante ou trop chargée.
La partie très autonome
Elle refuse de demander de l’aide, minimise ses besoins et préfère tout gérer seule. Elle a peut-être appris qu’il était plus sûr de ne dépendre de personne.
Ces descriptions ne sont ni des étiquettes ni des diagnostics. Elles sont des hypothèses de travail. Le but n’est pas de trouver le « bon nom » pour chaque partie, mais de poser une question plus respectueuse : que tente-t-elle de faire pour moi ?
Faire une pause avant de réagir
L’IFS parle souvent de la capacité à se différencier ou à se dégager légèrement d’une partie. Il ne s’agit pas de la repousser, de l’ignorer ou de lui ordonner de se taire. L’idée est simplement de créer assez d’espace pour pouvoir l’observer sans être entièrement emporté par elle.
Essayez avec une situation ordinaire, d’intensité faible ou modérée : une irritation après un e-mail, une appréhension avant un rendez-vous, une envie de remettre une tâche à plus tard.
- Faites une courte pause. Prenez quelques secondes pour remarquer ce qui se passe en vous, sans avoir à le modifier.
- Nommez la réaction. Vous pouvez penser : « Une partie de moi est très tendue » ou « Une partie de moi veut disparaître de cette situation ».
- Repérez son expression dans le corps. Est-ce une gorge serrée, une chaleur dans le visage, une agitation, un repli, de la fatigue ou un nœud dans le ventre ?
- Posez une question simple. Par exemple : « De quoi cette partie essaie-t-elle de me protéger maintenant ? »
Accueillez ce qui vient. Une phrase, une image, une sensation, une émotion — ou parfois rien de précis.
Vous n’avez pas besoin d’obtenir une réponse claire, immédiate ou profonde. La question sert d’abord à établir un premier contact respectueux. Parfois, le simple fait de ralentir diminue l’urgence ; parfois, rien ne change sur le moment. Dans les deux cas, vous avez commencé à observer votre système plutôt qu’à vous battre contre lui.
Essayer maintenant :
Choisissez une activation légère et actuelle. Dites intérieurement : « Je vois qu’une partie de moi est très présente. » Puis demandez-lui : « Qu’essaies-tu de faire pour moi ? »Il ne s’agit pas de trouver une réponse brillante ni de résoudre immédiatement le problème. Une minute de curiosité suffit pour commencer.
Si l’exercice accroît fortement votre détresse, ramène des souvenirs pénibles ou donne l’impression de vous submerger, il est préférable de l’arrêter. Orientez votre attention vers votre environnement immédiat : vos pieds au sol, les sons autour de vous, un objet familier, une respiration non forcée. L’exploration intérieure n’a pas à devenir une épreuve.
Préférer la relation à la lutte
Lorsqu’une réaction nous gêne, nous pouvons être tentés de lui répondre par une autre voix intérieure : « Arrête », « Tu exagères », « C’est ridicule », « Tu devrais être capable de gérer ». Cette stratégie est compréhensible, mais elle ajoute souvent du conflit au conflit.
L’IFS propose de remplacer, lorsque cela est possible, le réflexe de contrôle par une attitude de dialogue intérieur. Il ne s’agit pas d’approuver tous les comportements ni de renoncer à poser des limites. Il s’agit de chercher ce qui motive une partie avant de lui demander de changer de rôle.
Vous pouvez lui adresser des questions simples, sans exiger de réponse :
- « Qu’est-ce qui te fait craindre cette situation ? »
- « Qu’espères-tu éviter pour moi ? »
- « Que redoutes-tu si tu ne fais pas ton travail ? »
- « Depuis quand as-tu l’impression de devoir t’occuper de cela ? »
- « De quoi aurais-tu besoin pour te sentir un peu moins seule dans ce rôle ? »
- « Y aurait-il une manière plus sûre ou moins épuisante de m’aider ? »
Ces questions ne sont pas un interrogatoire. Une partie peut ne pas répondre, se montrer méfiante ou vous laisser avec une impression floue. Cela n’indique pas un échec. La confiance intérieure se construit progressivement, surtout si certaines réactions ont dû longtemps travailler seules pour vous protéger.
Il peut aussi arriver qu’une autre partie intervienne avec impatience : « Cela ne sert à rien », « Je veux une solution maintenant », « Je n’aime pas cette partie anxieuse ». Vous pouvez alors reconnaître sa présence, elle aussi. Remarquer plusieurs réactions à la fois est déjà une manière de sortir de la lutte entre « le bon moi » et « le mauvais moi ».
Quand le Self est plus présent
L’IFS appelle Self une qualité de présence intérieure depuis laquelle il devient plus facile d’être en relation avec ses réactions, sans les rejeter ni leur abandonner entièrement les commandes. Le Self n’est pas une performance, un état permanent de sérénité ou une version parfaite de soi-même. Le modèle associe traditionnellement le Self à huit qualités : calme, curiosité, clarté, compassion, confiance, courage, créativité et connexion.
Dans la vie quotidienne, une présence accrue du Self peut se reconnaître à des signes simples :
- Un peu plus de recul et moins d’urgence à agir.
- Une curiosité sincère envers une réaction difficile.
- La possibilité d’écouter une part sans forcément approuver son comportement.
- Une stabilité suffisante pour choisir son prochain pas.
- Une capacité à tenir ensemble plusieurs besoins ou émotions contradictoires.
Vous pourriez remarquer : « Je suis toujours inquiet, mais je peux entendre ce que cette inquiétude essaie de me signaler » ; ou : « Une partie de moi veut répondre immédiatement à ce message, mais je peux attendre quelques minutes avant de décider. »
Ne pas ressentir ces qualités à un moment donné ne signifie pas que vous avez échoué ou que vous n’avez pas accès au Self. Cela peut simplement indiquer qu’une partie protectrice est très mobilisée et qu’elle a besoin d’être reconnue avant de pouvoir se détendre. Chercher à produire du calme à tout prix risquerait de devenir une nouvelle exigence intérieure.
Pour approfondir cette dimension, consultez les 8 C du Self.
Trois situations pour pratiquer
Avant une réunion ou une prise de parole
Vous devez présenter votre travail devant plusieurs personnes. Une partie anticipe le jugement : elle imagine les erreurs, vous pousse à tout vérifier encore une fois ou vous suggère de vous faire discret.
Plutôt que de lui ordonner de se taire, vous pouvez reconnaître sa vigilance : « Je vois que tu essaies d’éviter que je sois humilié ou mal jugé. Qu’est-ce qui t’inquiète le plus ? »
La réponse ne doit pas forcément supprimer le trac. Vous pouvez conserver l’appréhension tout en préparant votre intervention, en respirant, en demandant un temps de pause ou en vous donnant le droit de ne pas être parfait. La partie a été entendue ; elle n’a pas besoin d’être vaincue.
Après un message resté sans réponse
Vous avez envoyé un message important et aucune réponse n’arrive. Une partie peut s’inquiéter : « J’ai fait quelque chose de mal » ; une autre peut s’emporter : « Cette personne me manque de respect. »
Les deux peuvent construire rapidement des scénarios à partir d’un fait très simple : l’absence de réponse, pour le moment. Vous pouvez distinguer le fait de l’histoire que votre système lui associe : je n’ai pas encore reçu de réponse.
Demandez-vous ensuite : « Quelle peur cette partie essaie-t-elle d’anticiper ? » ou « Que veut-elle éviter en imaginant immédiatement le pire ? » Cela ne vous oblige pas à nier un problème relationnel réel. Cela vous aide à attendre avant de conclure ou de réagir sous le coup de l’angoisse.
Face à la procrastination
Une tâche importante reste en attente. Vous vous reprochez de manquer de volonté, puis vous vous distraitez davantage. En IFS, la procrastination peut être abordée comme le signe qu’une partie cherche à vous éloigner de quelque chose qui paraît trop risqué, pénible, confus ou exposant.
Au lieu de vous traiter de paresseux, vous pouvez vous demander : « Qu’est-ce qui rend cette tâche difficile pour cette partie ? » Peut-être redoute-t-elle l’échec, le jugement, la monotonie, la surcharge ou le fait de ne pas savoir par où commencer.
Vous pouvez ensuite négocier un premier pas très limité : ouvrir le document, travailler cinq minutes, demander une précision ou découper la tâche. Le but n’est pas de trouver une astuce infaillible, mais de comprendre ce qui rend l’évitement nécessaire à vos yeux.
Les erreurs fréquentes au début
L’IFS peut devenir plus simple et plus utile lorsqu’on s’autorise à avancer lentement. Certaines difficultés sont fréquentes au début :
- Vouloir accéder trop vite à des souvenirs ou à des émotions douloureuses.
- Chercher à faire disparaître une partie difficile plutôt qu’à comprendre son rôle.
- Transformer l’IFS en nouvelle méthode d’auto-critique, de contrôle ou de perfectionnement.
- Forcer des images, des dialogues intérieurs ou des émotions parce qu’on pense qu’il « faut » ressentir quelque chose.
- Utiliser seul l’IFS pour traiter un traumatisme important, une dissociation ou une souffrance aiguë.
- Croire que comprendre une réaction dispense de prendre la responsabilité de ses paroles ou de ses actes.
- Interpréter chaque émotion comme un signe caché à décoder immédiatement.
Il est tout à fait normal de ne rien ressentir de spectaculaire. Pour certaines personnes, le début de l’IFS consiste seulement à passer de « Je suis nul » à « Une partie de moi me critique très durement aujourd’hui ». Cette reformulation modeste peut déjà ouvrir un espace de choix et de compassion.
Installer une pratique réaliste
Une pratique IFS ne demande pas de longues séances quotidiennes. Elle gagne souvent à rester brève, régulière et adaptée à votre niveau de sécurité intérieure. Commencez avec des situations peu chargées et observez ce qui vous convient réellement.
Quelques repères utiles :
- Choisissez une situation récente et ordinaire plutôt qu’un souvenir particulièrement douloureux.
- Réservez cinq à dix minutes, sans exiger une compréhension complète ni un changement immédiat.
- Notez, si cela vous aide, une phrase sur ce que vous avez observé : « Une partie craignait d’être jugée » ou « J’ai remarqué une grande impatience. »
- Revenez au corps et à l’environnement avant de reprendre vos activités : regardez autour de vous, bougez, buvez un verre d’eau ou faites quelques pas.
- Répétez l’expérience de temps en temps plutôt que de vouloir tout comprendre d’un coup.
- Choisissez un moment où vous disposez d’un minimum de calme et ne vous sentez pas déjà débordé.
- Gardez un objectif modeste : remarquer, nommer, écouter un peu — pas résoudre toute votre histoire.
L’enjeu n’est pas d’être constamment calme, clair ou « Self-led ». Il est de développer, peu à peu, une relation plus consciente, plus réaliste et plus bienveillante avec votre système intérieur. Cette relation peut aider à mieux reconnaître ses besoins, à prendre des décisions moins réactives et à faire de la place à ce qui nous habite, sans que tout doive être réglé immédiatement.
Pourquoi cette approche aide
Beaucoup de personnes se sentent divisées intérieurement : une part veut avancer, une autre freine ; une part veut se montrer, une autre préfère disparaître ; une part cherche la proximité, une autre redoute d’être blessée. L’IFS propose un langage simple pour approcher ces contradictions sans se juger trop vite.
Ce changement de regard peut déjà faire une différence. Quand on passe de « je suis comme ça » à « une partie de moi réagit ainsi », il devient parfois possible de respirer un peu, d’écouter davantage, et de sortir du face-à-face brutal avec soi-même.
L’IFS n’invite pas à analyser tout en permanence. Il propose plutôt une qualité d’attention : moins de fusion, moins de honte, moins de guerre intérieure ; un peu plus de présence, de discernement et de relation.
Quand se faire accompagner
Un thérapeute formé à l’IFS ne prend pas le contrôle de votre monde intérieur. Il aide plutôt à installer suffisamment de sécurité pour que l’exploration se fasse avec plus de stabilité. Un accompagnement peut être particulièrement utile si :
- vos réactions vous submergent régulièrement ;
- vous tournez en rond malgré vos efforts de compréhension ;
- certaines situations réveillent des peurs ou des douleurs très anciennes ;
- vous avez du mal à différencier observation intérieure et débordement émotionnel ;
- vous souhaitez avancer plus en profondeur, sans vous brusquer.
Se faire accompagner n’est pas un échec de l’autonomie. C’est parfois la manière la plus respectueuse de prendre soin de son système intérieur.
Pour continuer
Commencer l’IFS ne consiste pas à devenir immédiatement expert de son monde intérieur. Il s’agit souvent d’un déplacement plus simple, et plus profond qu’il n’y paraît : passer du jugement à la curiosité, de la fusion à un peu de recul, de la lutte à une forme de relation.
Si ce guide vous aide déjà à repérer qu’« une partie de moi est activée » au lieu de penser « je suis complètement comme ça », alors il a rempli son rôle. Le reste peut venir progressivement, au rythme qui vous convient.
Comprendre les parties et le Self
Découvrir les 8 C du Self
Une présentation des qualités souvent associées à une présence plus calme, claire et compatissante.
Parcourir le glossaire
Pour retrouver rapidement les principaux termes utilisés dans l’univers de l’IFS.